François Bayrou : "Notre projet est celui du développement humain et de la croissance durable "

Publié le par MoDemEcolo

Extrait discours de clôture du congrès du Modem 02/12/07

Notre projet est celui du développement humain et de la croissance durable
Le troisième chapitre est celui que j'ai évoqué en commençant : nous avons un projet de société du développement humain et de la croissance durable. J'insiste beaucoup, je reprends l'expression si souvent abordée pendant ce congrès : non seulement nous acceptons, mais nous revendiquons l'idée de durabilité.
Durable, la protection du patrimoine, du patrimoine climatique, du patrimoine biologique, dont nous avons la charge, au nom des générations qui viennent.
Durable, la question de la dette.
Durable, la question des retraites.
Ne nous racontons pas d'histoires. On vend aujourd'hui aux citoyens, aux travailleurs, de faux droits. Tout le monde sait que les assurances que l'on donne pour l'avenir... J'ai le souvenir précis de Nicolas Sarkozy, pendant le débat avec Ségolène Royal entre les deux tours, qui lui a dit : « Madame, vos critiques sont injustifiées, car les retraites sont financées jusqu'en 2020 ».
Tout le monde sait qu'elles ne sont pas financées jusqu'en 2020, qu'elles ne sont pas financées pour 2015 ou 2010. Nous aurons à avoir dès le printemps 2008 un rendez-vous qui devrait être un rendez-vous de lucidité dans lequel nous devrons mettre sur la table -je l'ai dit dès le moment des régimes spéciaux- les impératifs d'équilibre des régimes de retraite, qui devrait permettre à chacun d'y voir clair sur sa situation ultérieure, de décider lui-même de l'âge de sa retraite en tenant compte des années qu'il a passées au travail et de la pénibilité du travail qu'il a accompli.
Je suis prêt d'ailleurs à ce que l'on prenne en compte aussi le fait qu'un certain nombre de ces salariés avaient leur régime de retraite inscrit dans leur contrat de travail et je considère que ce n'est pas à écarter et à effacer d'un revers de main.
Nous n'en sortirons qu'avec un régime de retraite de points et de droits réels, qui devrait être équilibré et remis entre les mains des partenaires sociaux, une fois pour toutes.
J'ai défendu cela pendant la campagne présidentielle. J'ai été très heureux qu'un grand économiste, un jeune économiste comme Thomas Piketty reprenne cette idée ou l'illustre dans le journal Libération récemment. Si vous trouvez cette tribune, lisez-la, car elle est absolument éclairante du système de durabilité.
Nous voulons un système de retraite en équilibre durable et le souci du durable devrait être au coeur de la réflexion politique dans notre pays.
Je m'empresse de dire, Corinne Lepage et Jean-Luc Benhamias, en vous regardant, que c'était ainsi que j'avais compris l'idée du n°2 du gouvernement en charge du développement durable, de la protection du patrimoine, capable de se mêler de toutes les politiques publiques dans notre pays, et pas seulement enfermé dans le seul cercle de l'écologie. Car vous aurez beau avoir des Grenelles de l'environnement, plutôt bien réussis, la réalité ne changera pas, comme on est en train de commencer à le voir.
Ce n'est pas parce qu’on on se met d'accord sur des vœux que l'on se met d'accord sur des réalités ; et je pense que l'idée que Nicolas Hulot, en particulier, avait défendue était une idée plus juste que l'idée dans laquelle on a enfermé aujourd'hui cette fonction ministérielle.
Durable, l'idée que l'évolution d'une société ne peut être marquée que par la justice. Je n'aime pas, au fond, l'inspiration des « deux poids, deux mesures » dans laquelle, depuis plusieurs mois maintenant, est enfermée l'inspiration gouvernementale.

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