Les ralliements de Verts au parti de François Bayrou s'accélèrent

Publié le par MoDemEcolo

anti_bug_fckLE MONDE du 31.05.07 - Sylvia Zappi

Ce n'est pas encore une hémorragie mais déjà une petite saignée. Après le départ de trois élus Verts parisiens, Olivier Pages, Danièle Auffray, Violette Baranda, ralliés au Mouvement démocrate (MoDem), c'est un quatrième, François Flores, conseiller de Paris, qui vient d'annoncer son transfert. Dans la foulée de Jean-Luc Bennahmias, député européen, un certain nombre de cadres écologistes suivent le mouvement. D'autres semblent attendre l'après-élections législatives.

 

"Je reçois tous les jours des mails qui me disent : "Moi aussi", constate M. Bennahmias. S'il se défend d'organiser les sorties, ses amis recensent tous les Verts qui souhaitent être de l'aventure centriste. Ainsi dans les Bouches-du-Rhône, Christophe Madrolle, responsable local des Verts, assure que plus de la moitié de sa fédération - soit "environ 150 personnes" - souhaite adhérer au mouvement de François Bayrou. "Cela vient d'un peu partout dans la région", s'enthousiasme M. Madrolle. Le phénomène concerne des militants mais aussi des élus, insiste-t-il.

 

"EFFET DE MODE"

 

D'autres groupes locaux seraient touchés comme en Poitou-Charentes, dans l'Aisne, les Yvelines, le Béarn ou en Seine-et-Marne, où le conseiller général Jean Calvet se présente aux législatives sous l'étiquette MoDem.

A Paris, c'est Raymond Pronier, conseiller d'arrondissement du 15e, qui s'occupe des recrutements. "Beaucoup attendent encore mais viennent à nos réunions", confie-t-il. "De nombreux militants en ont marre d'attendre la rénovation interne et se rendent compte que le MoDem est plus capable d'intégrer nos thématiques que le PS", renchérit François Flores.

La lassitude à l'égard d'un parti au fonctionnement interne chaotique n'explique pas tout. On compte parmi les ralliés de nombreux postulants à la candidature pour les élections législatives ou pour les élections municipales qui ont été recalés. Comme Syrine Catahier, adjointe au maire du 18e arrondissement à Paris. Si elle n'a pas encore franchi le pas de quitter le parti, elle avoue y songer fortement : "Les Verts ne sont plus à la hauteur des enjeux écologiques. Et c'est plutôt enthousiasmant comme perspective de créer un nouveau mouvement et d'y développer un pôle écolo", assure-t-elle.

D'autres responsables du parti écologiste attendent les résultats des Verts mais aussi du MoDem aux législatives pour voir si leur voie militante doit bifurquer. C'est le cas de Jean-Félix Bernard, conseiller régional d'Ile-de-France, qui se demande "si les Verts restent le bon endroit pour l'écologie politique". Ou Nicole Guillaudin, adjointe au maire de Chambéry, qui organise jeudi avec son alter ego de Haute-Savoie une rencontre avec le MoDem local "pour ouvrir une réflexion".

Pour M. Bennahmias, décidément, "c'est une affaire qui marche". "Si le MoDem fait entre 8 % et 10 % nationalement, on peut entraîner un quart des Verts !", s'emballe-t-il.

Au siège des Verts, on préfère faire le gros dos et minimiser les départs. "C'est très limité", jure Cécile Duflot, secrétaire nationale. "Seuls huit adhérents se présentent sous l'étiquette Modem et ils ont été suspendus." Le député de Paris Yves Cochet, lui, ne nie pas la réalité. "Il y a un effet de mode et une déception interne. Et puis la faiblesse humaine qui fait que quand le MoDem vous appelle pour être candidat..."

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jseb 04/06/2007 20:41

"c'est plutôt enthousiasmant comme perspective de créer un nouveau mouvement et d'y développer un pôle écolo" : voilà effectivement une des principales motivations de ceux qui quittent les verts pour le modem. Pour ma part cela m'inspire 2 réflexions :
- si ces militants défendent le projet de société des verts (qui ne se résume pas à quelques mesures écologiques urgentes), estiment-ils vraiment qu'ils le défendront mieux au sein du Modem dont le projet sera vraisemblablement assez différent ?? préfèrent-ils le défendre "en interne" du Modem plutôt que devant les électeurs ?
- on a toujours l'impression, en créant un nouveau parti, qu'il sera parfait et qu'il correspondra pile-poil à ses idées. Puis on découvre qu'il y a forcément des désaccords, et qu'il faut faire avec... ou créer à nouveau un autre parti !! de même, les "acteurs de la société civile" sont attirants parce qu'ils ne se sont pas "compromis" dans la politique ; on vote pour eux ; et si par hasard ils sont élus, on les jette : trop compromis !
Je préfère rester dans un parti dont je partage les valeurs fondamentales et le projet de société, et envisager des alliances programmatiques et/ou électorales avec d'autres partis (pourquoi pas le Modem ; on verra). C'est cela la démocratie !
http://jseb.over-blog.fr

metallah 03/06/2007 12:27

je ne suis pas certain que cela soit en récuprant les articles de Zappi, que le MoDem va s'enrichir positivement...
je ne suis pas certain non plus que cela soit en faisant croire à la mort pseudo programmé des Verts que le pole écolo au sein du MoDem en sortira grandit...

on ne construit pas un pole écolo, ou un MoDem, en tentant d'avaler un autre parti ou en faisant croire à sa mort...
cela n'est pas très "positif"