Corinne Lepage : "On peut concilier écologie et développement"

Publié le par MoDemEcolo

16 mars 2007

L'intégralité du débat avec Corinne Lepage, présidente de CAP 21 et ex-candidate à l'élection présidentielle, en chat sur Le Monde.fr.

MLS26 : Faut-il concilier écologie et croissance comme nous le suggère le sujet de ce tchat ?

Corinne Lepage : Je pense qu'il faut concilier écologie et développement. Car la croissance implique des ressources infinies que nous n'avons évidemment pas.

Djibi : Depuis plusieurs décennies, le PIB est retenu par les hommes politiques et un certain nombre d'économistes comme une mesure-phare du niveau de développement économique d'un pays. La croissance forte du PIB, quand elle n'est pas considérée comme un fin en soi, est invariablement présentée comme le signe d'une économie performante (et inversement). Or une croissance du PIB peut masquer un appauvrissement de la population. Inversement, un PIB faible peut signifier un pays qui investit pour l'avenir. Comment proposer aujourd'hui une mesure de la "croissance" plus pertinente que la variation du PIB ? Quels nouveaux indicateurs faut-il utiliser (ou définir) pour que l'étalon auquel on mesure nos progrès économiques prenne en compte une réalité plus complexe que la seule production industrielle ?

Corinne Lepage : La question est excellente, car effectivement, le PIB mélange des avantages et des inconvénients pour la société. En effet, la canicule, la consommation énergétique ou les problèmes de santé publique font monter le PIB. C'est la raison pour laquelle il faut élaborer d'abord à côté du PIB, et j'espère un jour à sa place, l'indicateur de bien-être économique ou le PGI, qui sont des indicateurs qui ajoutent et retranchent au PIB ce qui constitue des améliorations ou des déteriorations de la richesse nationale.

Par exemple la destruction des ressources naturelles, la consommation énergétique, la croissance des inégalités, l'augmentation de la délinquance réduisent la richesse nationale et le bien-être collectif. Au contraire, la recherche, l'investissement dans l'éducation, la réduction des inégalités et de la pauvreté constituent des améliorations.

La première démarche à entreprendre est donc celle de nous doter des moyens, de disposer des données nécessaires au calcul de l'indice de bien-être économique, ce qui n'existe pas chez nous, alors que ça existe en Angleterre ou dans les pays du nord de l'Europe. Par exemple, en Angleterre, le PIB a crû de 30 % en vingt ans, et l'indice de bien-être économiquye a diminué de 3 %. Aux Etats-unis, le PIB a cru de 30 %, l'indice de bien-être économique a augmenté de 3 %. Et en Norvège, le PIB a crû de 20 % et l'indice de bien-être économique de 12 %.

Cela montre que dans les pays de l'Europe du Nord, où les questions environnementales, sociales, sont traitées avec beaucoup d'intérêt. L'indice de bien-être économique croît, ce qui montre l'intérêt d'utiliser ce type de critère.


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