Entretien avec Christophe Madrolle : un Vert passé au MoDem

Publié le par MoDemEcolo

MoDem Entretien avec Christophe Madrolle : un Vert passé au MoDem22/05/2007 - Propos recueillis par Chloé Durand-Parenti - Rubrique cordonnée par Valérie Peiffer - © Le Point.fr

Jeudi soir, François Bayrou lance au Zenith le début de la campagne législative de ses 535 candidats. Christophe madrolle, président du groupe des Verts à la mairie de Marseille, qui devrait être candidat pour l’UDF-Mouvement Démocrate dans la cité phocéenne, confie les raisons de son nouvel engagement au Point.fr.
Investi par plus de 87 % des Verts pour être leur tête de liste aux municipales de 2008 à Marseille, Christophe Madrolle a tout lâché. Il préfère se lancer dans l’aventure de l’UDF-Mouvement démocrate avec François Bayrou et… avec l’ancien secrétaire national des Verts, Jean-Luc Benhamias, dont il est l’attaché parlementaire au Parlement européen depuis 2004. Éducateur spécialisé dans les quartiers Nord de Marseille, Christophe Madrolle est militant écologiste depuis le milieu des années quatre-vingts. Il a commencé sa carrière politique à Génération Écologie, aux côtés de Noël Mamère, et c’est avec celui-ci qu’il a rejoint les Verts en 1997. Aujourd’hui, Christophe Madrolle choisit un autre chemin et envisage de porter les couleurs du Mouvement démocrate à Marseille lors des élections législatives de juin. Il confie les raisons de son nouvel engagement au Point.fr.

LePoint.fr : Pourquoi avez-vous décidé de quitter Les Verts ?

Christophe Madrolle : J’aime le parti des Verts. Je respecte sa direction. Nous avons fait beaucoup de choses ensemble, et il n’y a pas d’animosité dans ma décision. Au premier tour de l’élection présidentielle, j’ai voté pour Dominique Voynet. Au second, j’ai également suivi les consignes de mon parti. Néanmoins, aujourd’hui, je ne crois plus en l’outil qu’est le parti des Verts. Tout y est très compliqué… Son organisation est bien trop complexe.

Mais pourquoi choisir l’UDF-MD ?

Face à la crise de représentativité que traverse la France et face au risque d’une hégémonie de l’UMP sur l’État, je veux entrer en résistance. Je pense que celle-ci passe nécessairement par la création d’un nouveau parti, par une rupture des lignes politiques traditionnelles.
J’ai suivi avec attention la campagne de François Bayrou, ainsi que celle de Ségolène Royal. J’ai été très heureux du débat que ces deux candidats ont pu avoir. Il s’est passé quelque chose de fort en termes de démocratie participative. En dépit de l’issue du second tour, quelque chose dans la vie politique française a changé.

Vous abandonnez la voie de l’écologie politique ?

Non, je crois toujours au fondamentaux de l’écologie politique. Je pense simplement que c’est en investissant le Mouvement démocrate et en y créant un pôle que les écologistes pourront promouvoir efficacement leurs idées. François Bayrou, que j’ai rencontré à deux reprises ces derniers mois, est un homme intelligent. Pour réussir son pari, il sait qu’il ne peut pas se contenter d’une simple recomposition de l’ancienne UDF.

Comment se traduit concrètement votre nouvel engagement ?

Je dors peu, et je n’ai pas beaucoup vu ma femme et mes enfants ces derniers jours… (Rires).  Jean-Luc Benhamias et moi passons nos soirées dans les locaux de sa permanence « verte », rue Curiol à Marseille. C’est devenu une agora permanente ! Chaque soir, plusieurs dizaines de personnes viennent discuter avec nous, après leur travail. Je reçois des centaines de mails. François Bayrou et le Mouvement démocrate suscitent beaucoup de curiosité, et un fort sentiment d’adhésion. Les Français aspirent à une rénovation de l’appareil politique. Beaucoup de sympathisants « centre-gauche » attendent cette transformation. Il me semble que François Bayrou a redonné ses lettres de noblesse à la politique. Souvent, la pratique politique s‘apparente à de la gestion, mais l’avènement d’un nouveau parti nous offre la possibilité de créer. J’aurais pu garder les pieds bien au chaud, dans mes charentaises… Je préfère faire ce pari. Je ne sais pas comment tout cela va finir, pourtant, quoi qu’il advienne, je suis heureux d’y participer.

Serez-vous investi par l’UDF-MD pour les législatives à Marseille ?

Les discussions avancent alors… Oui, je le crois.

Vous aviez posé comme condition que le Mouvement démocrate s’engage à soutenir, à Marseille, le candidat de gauche pour le second tour ; avez-vous obtenu satisfaction ?

Non, mais nous n’en sommes pas là. Notre objectif est de transformer l’essai du premier tour de la présidentielle et de faire le meilleur résultat possible. Si ce résultat est élevé, les discussions prendront une autre tournure. Chaque chose en son temps…
 
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