Corinne Lepage : «Nous sommes dans un gouvernement qui cherche des personnalités.»

Publié le par MoDemEcolo

Membre fondatrice du Mouvement Démocrate, l'écologiste Corinne Lepage a refusé hier un poste de secrétaire d'Etat proposé par Bernard Kouchner par « fidélité à ses conviction », considérant que le gouvernement Fillon n'est pas un gouvernement d'ouverture. Souhaitant se consacrer à la formation du Mouvement Démocrate, elle s'est proposée comme chargée de mission sur le Développement durable à l'international. Elle s'inquiète par ailleurs du nouveau ministère de l'Ecologie et de son ministre, qu'elle a connu peu soucieux des enjeux environnementaux.

Marianne2007.info : Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères et européennes, vous a proposé hier d'être secrétaire d'Etat chargé de la Coopération, du Développement international, de la Francophonie et des Droits de l'homme. Pourquoi avoir refusé ?
Corinne Lepage : C'était très honorifique et très intéressant. Cependant j'ai décliné cette proposition parce que, compte tenu du contexte, je considère que nous ne sommes pas dans un gouvernement d'union nationale mais plutôt dans un gouvernement qui cherche des personnalités et je juge qu'on doit mener une réflexion plus large. Je ne suis pas dans une opposition radicale et j'ai donc dit à Bernard Kouchner que j'étais prête, s'il le souhaitait, à accepter une mission sur le développement durable et les relations Nord-Sud, qui sont des sujets que je connais.

François Bayrou ne risque-t-il pas de vous reprocher l'offre que vous avez faite à Bernard Kouchner ?
Tout cette discussion s'est faite en parfaite transparence avec lui. Participer à une politique gouvernementale et accepter une mission d'intérêt général sont deux choses totalement différentes.

En écartant cette offre, n'avez-vous pas peur d'avoir compromis toute chance d'obtenir un ministère sous la présidence Sarkozy ?
C'est possible. La route sera longue mais j'ai une certaine idée de l'éthique en politique et de la fidélité à mes convictions. J'attends de voir, au-delà des espérances que font naître l'ouverture actuelle, quelles sera la réalité des décisions politiques.

Vous avez été la ministre de l'Ecologie d'Alain Juppé qui est aujourd'hui ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable. Que pensez-vous de cette nomination ?
Je ne veux pas faire de procès d'intention et j'attends de voir le périmètre réel de ce ministère. Mais vu le poids relatif du développement durable, d'une part, et des transports et de l'énergie d'autre part, je m'inquiète des arbitrages qui seront faits entre ceux qui voudront construire des routes et ceux qui voudront promouvoir les énergies propres.
Sur le ministre lui-même, il a dit que son séjour au Canada lui avait ouvert des perspectives sur l'environnement. Ce n'est pas l'impression qu'il m'avait fait en tant que Premier ministre. Mais là encore, je lui laisse le bénéfice du doute sur le fait qu'il ait changé : il faudra voir les décisions qui seront prises.

Quelles sont vos projets politiques dans l'immédiat ? 

Ma priorité est de travailler à la construction du Modem. Mon engagement auprès de François Bayrou est entier, d'autant plus que ce nouveau parti réunira beaucoup de gens issus de l'écologie. 

Vendredi 18 Mai 2007 -
Propos recueillis par Sylvain Lapoix

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